J'ai envie de me jeter d'une fenêtre tellement ça m'écoeure. J'ai envie de brûler ma chambre d'une allumette. J'ai envie de me casser la gueule quand je me regarde dans un miroir. J'ai envie de prendre de l'arsenic tellement je m'entends penser. J'ai envie de saigner d'un coup de revolver. De m'écrouler sur un trottoir. De me faire renverser par une voiture quand je traverse. De tomber d'un étage au lycée. De sauter sur une mine. De m'éclater la tête sur un tronc d'arbre. De faire un quadruple tonneau fatal. De me prendre une vague en lame de fond. De me faire transpercer d'un coup d'épée. J'ai envie qu'on me fracasse une bouteille d'alcool sur le crane. De passer à travers une vitre. Jeunesse traître d'une adolescence passionnée. Trop d'aprioris, trop de jugements à l'envers, de vieux paradoxes illogiques, de sophismes à vomir, de non-sens à éclater, de préjugés prémachés, mâchés et remâchés. Une jeunesse violente, assoifée. Je saigne, je vis, controverse controversée. Ces mots-là sont Noirs. C'est ma génération qui est comme ça. J'ai envie de goûter à de la morphine.De m'arracher le coeur. De crever mes poumons. Pire que Hyde. J'ai envie de me couper. Je veux mourir sur un stade en épreuve de durée, de me faire sauter la cervelle, de couper l'électricité. De hurler et de hurler. Mais je veux te regarder. Je veux être provocante sans m'en soucier. Éclater tous les tabous. Lui montrer. On tombe tous un peu plus au fond du précipice. Angoissée. Jeunesse Angoissée. Excèssive. Impulsive. Impulsée. C'est ma génération qui est comme ça.